
Contrer une Lune aveuglante, ISS et light painting : récit d’une drôle de soirée au club astro
Ciel voilé, Lune impitoyable, un télescope pointé vers le sol et une luciole dont on a tenté — sans succès — de booster la luminosité à la lampe UV en attendant le passage de l’ISS. Bienvenue dans une vraie soirée d’astronomie en club.
Cet article s’appuie sur le compte-rendu d’observation astronomique rédigé par Soufian le 22/05/2026
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Ciel voilé, Lune complètement aveuglante, un télescope connecté obstinément pointé vers le sol. Et une luciole dont on a tenté — sans succès — de booster la luminosité à la lampe UV. Bienvenue dans une vraie soirée d’astronomie en club.
Il y a des soirées où tout se passe exactement comme prévu. Celle du 22 mai n’en faisait pas partie. Et c’est précisément pour ça qu’elle valait le détour.
Edwige, Lélia, David et Soufian (le rédacteur qui assume) se sont retrouvés à Gardouch avec un arsenal imposant : un eVscope Unistellar, un Seestar S50, un Newton 130 mm sur monture équatoriale, un Dobson 250 mm, un APN sur trépied — et, on le découvrira vite, un sens de l’improvisation bien aiguisé.
Un ciel… partiellement coopératif
Les prévisions météo l’avaient annoncé : 30 % de nuages de haute altitude. Une Lune en mode projecteur de stade. Des conditions qui auraient pu décourager les moins motivés. Spoiler : personne n’est rentré chez soi.
Car l’astronomie amateur, ce n’est pas qu’une affaire de conditions parfaites. C’est aussi apprendre à composer avec ce qu’on a — et parfois, les contraintes font les meilleures histoires.
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La mise en station : interrogations existentielles incluses
L’installation des instruments a donné lieu à des questions qui resteront dans les annales. « Pourquoi l’eVscope pointe-t-il le sol ? » Bonne question. « Je suis en butée… c’est normal ? » Ça dépend.
Le comble : le Seestar de David et l’eVscope, pilotés sur la même fréquence, se sont neutralisés mutuellement dès qu’on a voulu viser la Lune. L’eVscope, pris d’un excès de personnalité, a préféré contempler les champs. Comme quoi, même les télescopes connectés ont leurs caprices.
Deux smart télescopes sur la même fréquence radio peuvent interférer l’un avec l’autre. La solution ? Garder une bonne distance entre les instruments — ou choisir des fréquences différentes dans les paramètres. En savoir plus sur les différents types de télescopes →
Ce qu’on a observé (et ce qu’on en a pensé)

La Lune : Intense · Lunettes de soleil requises
Au Dobson 250 mm sans filtre polarisant, solution trouvée : des lunettes de soleil posées sur l’oculaire. Système D, mais terriblement efficace. Zoom sur le pôle Sud lunaire.

M 13 – Poétiquement rebaptisée « Le pâté »
L’amas globulaire d’Hercule, noyé dans la luminosité lunaire, est apparu flou dans le 130 mm. L’eVscope a livré une image plus lumineuse, mais sans le piqué du 250 mm.
L’ISS : Confirmée · Panneaux solaires intacts
On a profité du passage de l’ISS pour la suivre suivi à l’œil nu, au 250 mm (sur ~20 % de la trajectoire) et au 130 mm. Suivi manuel de la station spatiale délicat sans chercheur, mais observation validée par plusieurs paires d’yeux. Facile à repérer, l’ISS est un point fixe traversant le ciel en 6 minutes environ. L’objet est très brillant lorsque ses panneaux solaires sont éclairés par le Soleil.

Jupiter : Turbulence en début de soirée
La géante gazeuse, souffrant d’une mauvaise mise en température du miroir, a livré une image agitée. Au mode planétaire de l’eVscope : un résultat qui évoquait davantage Mars en crise.

M51 : Localisée · Peu contrastée
Ls deux galaxies du Chien de chasse, au zénith, ont été identifiées au 130 mm et au 250 mm malgré le manque de transparence. Une confirmation collective appréciée.
L’Épée : Une « constellation » inédite créée par le club de Gardouch
Un astérisme maison : une forme verticale imposante visible en début de nuit à l’est, avec manche, garde et lame couvrant plusieurs constellations. Elle mérite un article à part entière.
« C’est ça, l’astronomie en club : même quand le ciel ne joue pas le jeu, on trouve toujours quelque chose à voir, à apprendre ou à inventer. »
— Soufian, rédacteur du compte-rendu d’observation astronomique (CROA)
L’affaire de la luciole
Une luciole a été repérée à proximité du Newton 130 mm. Logiquement, l’idée s’est imposée d’elle-même : et si on la rechargeait avec la lampe UV ?
L’expérience, menée avec sérieux, s’est révélée peu concluante sur le plan entomologique. En revanche, les accessoires phosphorescents du groupe ont largement bénéficié de l’opération. La luciole, elle, n’a souhaité donner aucun témoignage officiel.
À noter : les passeports, cartes d’identité et permis de conduire révèlent des effets visuels assez spectaculaires sous lumière UV. Découverte bonus de la soirée.
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Light painting : quand l’astro devient art
Le timelapse prévu a été abandonné au profit d’une séance de light painting improvisée — idée de Lélia, accueillie avec enthousiasme. L’APN reconfiguré, les lumières rouges et vertes brandies dans la nuit, les poses longues ouvertes sur un ciel étoilé malgré les voiles : les résultats ont largement dépassé les attentes.
La luciole, fidèle à elle-même, a refusé de participer à cette activité également.

Ce qu’on retient vraiment
Derrière l’humour de ce compte-rendu, il y a une réalité que les membres du club connaissent bien : les meilleures soirées d’astronomie ne sont pas forcément celles où le ciel est parfait. Ce sont celles où on progresse, où on débat, où on se débrouille avec les moyens du bord — et où on rentre chez soi avec quelques questions nouvelles en tête.
Ce soir-là, on a observé M13 (alias « le pâté »), suivi l’ISS – la station spatiale internationale – à l’œil nu et au télescope, discuté des conséquences d’une interruption de 15 minutes de la lumière solaire, et redécouvert que le tungstène mène plus facilement aux frappes orbitales cinétiques qu’à la poésie. Pas un soir ordinaire.
M13, l’amas globulaire d’Hercule, contient environ 300 000 étoiles regroupées dans une sphère de 145 années-lumière de diamètre. Il est visible à l’œil nu par nuit sans Lune — et bien moins flou que ce soir-là.
Voir nos articles sur les objets du ciel profond →
Et vous, quand est-ce que vous venez ?
L’astronomie amateur n’exige ni diplôme, ni matériel hors de prix, ni ciel parfait. Elle exige juste de la curiosité — et éventuellement, des lunettes de soleil au cas où la Lune déciderait de faire la loi.
Si vous hésitez encore, lisez notre reportage immersif sur une soirée observation de Jupiter — puis revenez ici pour réserver votre place.
Prochaines soirées d’observation à Gardouch
En Lauragais, loin de la pollution lumineuse de Toulouse. Débutants bienvenus.
Source : Cité de l’Espace







